Borderlands 4, le dernier opus de la saga emblématique développée par Gearbox Software, a suscité un engouement immense au sein de la communauté des joueurs. Annoncé avec des promesses de renouveau, ce chapitre s’inscrit dans un créneau particulièrement compétitif où chaque sortie de FPS se doit d’être à la hauteur. À première vue, il semble que le titre parvienne à aligner les éléments d’un jeu riche et divertissant, tout en jonglant avec des aspects moins reluisants qui laissent perplexes. Des mécaniques de jeu raffinées à travers des environnements vastes, en passant par des performances techniques problématiques, chacun des éléments qu’offre Borderlands 4 pourrait susciter l’excitation ou la frustration. Plongeons donc dans l’univers de ce nouveau titre, où l’humour et le chaos se mêlent dans un cocktail explosif.
Les performances en question : une optimisation à revoir
Dès le lancement de Borderlands 4, un sujet de préoccupation majeur a émergé : les problèmes de performances. Les joueurs se sont vite rendu compte que le jeu, malgré des promesses d’optimisation, souffre d’une charge de travail écrasante pour le matériel, y compris les configurations les plus avancées destinées au PC Gaming. En s’appuyant sur Unreal Engine 5, le jeu a opté pour des fonctionnalités complexes comme l’illumination globale Lumen, connues pour leur gourmandise en ressources. Cela a entraîné un framerate imprévisible qui, avec le temps, semble même se détériorer davantage.
Pour illustrer ce point, des tests effectués sur des machines haut de gamme, comme une NVIDIA RTX 3070 couplée à un AMD Ryzen 7700X, ont révélé la difficulté de maintenir un framerate stable au-dessus de 60 images par seconde. Ce constat a nécessité des compromis drastiques, tels que réduire la qualité graphique au minimum et adopter une résolution de 1080p. La dépendance excessive aux technologies d’upscaling comme le DLSS de Nvidia ou FSR d’AMD montre que Borderlands 4 a été développé sans une attention suffisante pour une optimisation de base, ce qui est particulièrement décevant pour un jeu au style visuel marquant.
Le style artistique unique de Borderlands, qui fait la part belle à un cel shading qui rappelle les bandes dessinées, a été historiquement un marqueur de son succès. Cependant, ici, cette base visuelle ne parvient pas à compenser les faux pas techniques. La liste de détails tels que le ghosting et les scintillements rend l’expérience frustrante, particulièrement dans un FPS actif où la lisibilité est essentielle. Les premiers retours d’expérience des joueurs confirment que ces problèmes techniques impactent sévèrement l’immersion dans une œuvre très colorée, qui aurait dû captiver à travers ses graphismes audacieux.
Une jouabilité au top : le gunplay revu et amélioré
Malgré les préoccupations quant à son optimisation, Borderlands 4 se démarque par un gameplay qui sait séduire. Les développeurs ont clairement redoublé d’efforts pour peaufiner le gunplay, apportant une expérience de tir qui est à la fois satisfaisante et addictive. Le jeu propose une diversité d’armes allant des revolvers aux fusils de sniper, chacune offrant une sensation unique qui captive rapidement les joueurs. Chaque tir est accompagné d’une réponse visuelle et sonore qui renforce l’impact ressenti.
En plus de cette richesse en matière d’arsenal, l’intégration de nouvelles mécaniques de déplacement est un ajout significatif. Les joueurs peuvent désormais utiliser un planeur et réaliser des dash aériens, ce qui rend le combat encore plus dynamique. Ce second souffle en termes de mécanismes de gameplay contribue à enrichir radicalement le système en place, favorisant cette sensation d’expérimentation qui définit Borderlands depuis ses débuts.
Les arbres de talents, quant à eux, se révèlent être une autre belle avancée. Ces choix de personnalisation permettent aux joueurs de modifier leur style de jeu, rendant leur expérience unique. De l’amélioration des armes à la spécialisation des capacités, ces options encouragent les joueurs à explorer et à adapter leur approche des différents défis à surmonter. Ainsi, la boucle de gameplay devient incroyablement engageante, rappelant aux fans pourquoi Borderlands a su s’installer comme un pilier essentiel du looter-shooter.
Un monde ouvert : entre promesses et déceptions
L’une des avancées les plus marquantes de Borderlands 4 réside dans sa transition vers un véritable monde ouvert. Cela représente un changement par rapport aux épisodes antérieurs, qui proposaient jusqu’alors un design de niveau plus linéaire. Les nouvelles mécaniques de mouvement, couplées à une taille de carte apparemment impressionnante, confèrent une dimension d’exploration qui promettait d’enrichir l’expérience de jeu. Toutefois, cette promesse d’ouverture s’avère parfois trompeuse.
Ce monde ouvert, bien qu’impressionnant sur le papier, souffre d’un manque de substance. De nombreuses zones de la carte se révèlent vides et peu engageantes, créant une impression de vide qui plombe l’expérience. En outre, les murs invisibles, peu engageants, franchissent le bâtiment en rendant l’exploration fastidieuse, et cette carte étirée semble souvent incohérente, manquant de l’homogénéité qui caractérisait les environnements plus linéaires des précédents opus.
Les joueurs trouvent qu’une partie de ce que Borderlands faisait de mieux, à savoir le level design et l’interaction avec l’espace de jeu, se perd dans cette volonté de créer un univers large. La richesse des environnements détaillés et bien pensés qui faisaient la force des précédents titres semble avoir été reléguée au second plan, remplacée par une recherche de volume. Cela soulève des questions sur l’équilibre entre taille et richesse des détails, une nuance qui, bien que souvent négligée, est essentielle dans le succès global d’un titre.
Une narration décevante : le récit en retrait par rapport à l’ADN de la franchise
Les attentes concernant l’histoire et la narration de Borderlands 4 étaient élevées, surtout après un précédent opus dont l’humour avait reçu des critiques mitigées. Tout en cherchant une approche plus mature, le jeu n’a pas réussi à éloigner les joueurs de l’impression que le récit manque d’ampleur et d’originalité. Au lieu du humour décalé et bien dosé des débuts de la franchise, le ton général est plus grave, ce qui ne manque pas de déstabiliser les fans de la première heure.
Les personnages, bien que quelques vieux visages comme Moxxi et Claptrap fassent leur apparition revenue, ne parviennent pas à capturer l’imagination comme leurs prédécesseurs. Des nouvelles recrues comme Rafa ou Levaine promettent de rafraîchir le casting, mais cela ne compense pas le manque de charisme de figures centrales comme le Timekeeper, l’antagoniste principal. Ce dernier semble pâlir face à des méchants mémorables tels que Handsome Jack, trop souvent mis en avant comme référence absolue dans la série.
Les rebondissements, souvent prévisibles, nuisent à cette nécessité de surprise et d’adrénaline que l’on attend d’un jeu d’action. Certes, la série a toujours joué la carte de l’absurde, mais les niveaux de performance humoristique et narratif de Borderlands 4 n’atteignent pas les sommets fixés par ses prédécesseurs. Cela pose une question cruciale : dans un univers aussi riche et déjanté que celui de Borderlands, comment une narration peut-elle faillir à créer l’environnement immersif que les joueurs espéraient ?
Une aventure inégale mais captivante
En dépit des éléments disgracieux qui viennent assombrir Borderlands 4, la somme de ses mécaniques de gameplay, son arsenal diversifié et ses possibilités d’exploration créent une expérience généralement captivante. Les joueurs peuvent être poussés à explorer, à améliorer leurs talents et à affiner leur style de jeu, profitant ainsi des diverses possibilités que le titre propose. La base solide du gunplay et les innovations apportées au déplacement transforment les combats en moments exaltants.
Malheureusement, il n’en demeure pas moins qu’une partie de l’expérience est entachée par une optimisation défaillante et un monde ouvert qui, bien qu’ambitieux, se révèle parfois frustrant. Les histoires et les personnages, bien que prometteurs, manquent du peps nécessaire pour laisser une marque de fabrique. Le défi de Gearbox Software est donc de rectifier le tir pour en faire un titre dont l’héritage mérite d’être célébré, plutôt que critiqué.
